Portraits d’artisans de Meneham – Eric Ducret

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.
Eric Ducret de l’atelier 2

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?
Je suis potier.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?
Je travaille l’argile, plus précisément une faïence. Il existe de nombreux types de terre, mais celle-ci correspond le mieux à ma façon de façonner. Ma pratique repose essentiellement sur le modelage, qui représente environ 90 % de mon activité, et sur le tournage pour le reste.
J’utilise une grande variété d’outils pour sculpter ou texturer mes pièces, en plus de mon tour de potier : mirettes, ébauchoirs, couteaux, ainsi que toutes sortes d’objets détournés pour créer des empreintes — mines de crayons, capuchons, stylos, etc.
Pour les cuissons, je dispose de deux fours : un four électrique pour les premières cuissons et un four à gaz pour les cuissons d’émail. L’émaillage se fait grâce à un chronographe, un appareil proche d’un grand aérographe, qui me permet d’appliquer l’émail avec précision. Après cette étape, je nettoie certaines zones à l’eau, notamment les visages ou les mains de mes korrigans, afin de faire ressortir l’argile brute.


Le processus de création commence par le modelage, puis vient un temps de séchage, dont la durée dépend des conditions climatiques extérieures — de trois à quatre jours pour les petites pièces, jusqu’à une quinzaine de jours pour les plus grandes. La première cuisson donne ce que l’on appelle le “biscuit”, une terre cuite poreuse qui absorbe l’eau et permet à l’émail d’adhérer à la surface. La deuxième cuisson fait fondre cette pellicule de verre et apporte à la pièce son aspect brillant.
L’émail est composé d’une base de verre, réduit en poudre très fine de quelques microns, et mélangée à des oxydes métalliques colorants, comme le fer, le cobalt, le cuivre, le zinc ou le titane. Les couleurs obtenues varient selon le pourcentage de colorants utilisé.
En plus de mes korrigans, je réalise également des fontaines, de petits animaux — tortues, escargots — ainsi que des objets utilitaires : diffuseurs, boîtes, vases, lampes, etc.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?
La création est pour moi une manière de m’exprimer, et je m’amuse énormément en travaillant. À l’origine, j’étais portraitiste. Je me suis tourné vers la poterie pour réaliser des bustes en volume, mais les difficultés techniques et l’absence de formation m’ont naturellement orienté vers le modelage.
Ma première épouse avait ouvert un atelier de poterie, et c’est à ce moment-là que j’ai acquis un tour de potier — un modèle artisanal à pied, magnifique — et que j’ai appris seul, dans l’atelier. Une fois le tournage maîtrisé, je me suis dédié aux fontaines, que j’ai créées pendant plus de vingt-cinq ans. Puis, un jour de brouillard à Meneham, l’apparition d’une petite troupe de korrigans m’a inspiré un nouveau chemin créatif.



Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?
J’ai découvert Meneham par le bouche-à-oreille. Le site m’a immédiatement parlé : c’est un lieu granitique chargé d’ondes, avec une énergie très particulière. J’apprécie sa quiétude, surtout hors saison, ainsi que la proximité de la mer, véritable source d’inspiration. La synergie entre artisans, devenue rare aujourd’hui, est aussi l’un des grands atouts du lieu.
Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?
Oui, et je le fais régulièrement.

Merci à Eric de nous avoir partagé sa passion de la poterie dont le modelage et son plaisir d’être présent à Meneham ! ♥