Portraits d’artisans de Meneham – Justine Bourhis

14 janvier 2026
La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Justine Bourhis de l’atelier 4

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis artisane potière.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Je fabrique des pièces utilitaires et décoratives en argile, principalement en grès pour ses propriétés.

Les étapes sont nombreuses :

  • J’émaille les pièces par trempage ou au pinceau, puis je les cuis dans un four électrique à 1250 °C. Une cuisson dure environ 12 h pour la montée en température, suivie d’une vingtaine d’heures de refroidissement.
  • Je commence par pétrir la terre pour l’homogénéiser et enlever les bulles d’air.
  • Ensuite, je passe au tour : je centre la terre, puis je façonne la pièce.
  • Après un séchage de 24 à 48 heures, je tournasse : je crée un pied, affine et lisse les parois. C’est aussi à ce moment que j’ajoute les anses, décore ou grave les pièces.
  • Je laisse sécher plusieurs semaines avant une première cuisson à 1000 °C.
  • Je fabrique moi-même mes émaux, ce qui demande beaucoup de tests pour qu’ils ne coulent pas, ne fissurent pas, ne fassent pas de bulles… Une fois la recette stabilisée, je prépare l’émail en quantité. Les matières premières utilisées sont par exemple : cendres, feldspath, silice, quartz et oxydes colorants.
  • J’émaille les pièces par trempage ou au pinceau, puis je les cuis dans un four électrique à 1250 °C. Une cuisson dure environ 12 h pour la montée en température, suivie d’une vingtaine d’heures de refroidissement.

Mon parcours : au lycée j’étais en arts appliqués, orientée design. J’étais plutôt attirée par le bois, puis j’ai découvert la céramique et ça a été un déclic. J’aime cette matière et sa polyvalence : on peut faire des tuiles, des briques, des assiettes, des bijoux… C’est un métier d’art complexe, qui demande des années pour maîtriser les formes et les émaux. J’apprends tous les jours, je teste sans cesse de nouvelles recettes, je repousse mes limites.

J’ai aussi animé de nombreux ateliers avec l’argile, ce qui m’a beaucoup plu. Après le bac, j’ai commencé un cursus en design produit à Brest, mais je n’ai pas accroché : trop théorique, trop déconnecté de la réalité. J’ai arrêté et fait un service civique comme pédagogue de rue, puis un DUT Carrières sociales. En parallèle, je travaillais à temps partiel dans l’éducation populaire, tout en suivant des stages et résidences chez des céramistes, surtout en Bretagne. J’ai ensuite arrêté l’animation pour me consacrer pleinement à la poterie. J’ai voyagé au Maroc et en Thaïlande pour me former auprès d’artisans, avec des approches différentes, plus proches de la terre et du feu de bois. Même si aujourd’hui je ne pratique pas toutes ces techniques, j’ai appris à récolter la terre et à cuire au feu de bois, et j’ai envie de contribuer à la transmission de ces savoir-faire.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

La matière, le rapport presque addictif à l’argile, et l’idée de faire perdurer un savoir-faire.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

Je cherchais un lieu où installer mon atelier et vendre sans avoir à passer du temps sur les réseaux sociaux ou à gérer les envois de colis. Je préfère consacrer un maximum de temps à créer. En cherchant sur internet, j’ai découvert Meneham.

J’ai grandi au bord de la mer, donc j’apprécie ce cadre. Ici, je rencontre des visiteurs chaque jour, il y a beaucoup d’échanges. Le fait d’être entourée d’autres artisans est aussi enrichissant : on apprend les uns des autres.

Je peux travailler sur place : modelage de porte-savons, assiettes, plateaux, petits bols, ou encore préparation de suspensions.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, mais cela dépend du métier. Certains nécessitent plus de temps en atelier, or ici on doit assurer des jours de présence, ce qui réduit le temps de production en dehors des périodes de formation.

En revanche, c’est un lieu idéal pour se faire connaître. La visibilité et la communication sont assurées par le site, en dehors du loyer, ce qui est confortable. Le cadre est agréable et paisible, malgré l’affluence : les visiteurs sont détendus, et le bord de mer en fait un bel environnement de travail.

Merci à Justine de nous avoir partagé sa passion de la poterie et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥