Portraits d’artisans de Meneham – Justine Bourhis

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Justine Bourhis de l’atelier 4

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis artisane potière.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Je fabrique des pièces utilitaires et décoratives en argile, principalement en grès pour ses propriétés.

Les étapes sont nombreuses :

  • J’émaille les pièces par trempage ou au pinceau, puis je les cuis dans un four électrique à 1250 °C. Une cuisson dure environ 12 h pour la montée en température, suivie d’une vingtaine d’heures de refroidissement.
  • Je commence par pétrir la terre pour l’homogénéiser et enlever les bulles d’air.
  • Ensuite, je passe au tour : je centre la terre, puis je façonne la pièce.
  • Après un séchage de 24 à 48 heures, je tournasse : je crée un pied, affine et lisse les parois. C’est aussi à ce moment que j’ajoute les anses, décore ou grave les pièces.
  • Je laisse sécher plusieurs semaines avant une première cuisson à 1000 °C.
  • Je fabrique moi-même mes émaux, ce qui demande beaucoup de tests pour qu’ils ne coulent pas, ne fissurent pas, ne fassent pas de bulles… Une fois la recette stabilisée, je prépare l’émail en quantité. Les matières premières utilisées sont par exemple : cendres, feldspath, silice, quartz et oxydes colorants.
  • J’émaille les pièces par trempage ou au pinceau, puis je les cuis dans un four électrique à 1250 °C. Une cuisson dure environ 12 h pour la montée en température, suivie d’une vingtaine d’heures de refroidissement.

Mon parcours : au lycée j’étais en arts appliqués, orientée design. J’étais plutôt attirée par le bois, puis j’ai découvert la céramique et ça a été un déclic. J’aime cette matière et sa polyvalence : on peut faire des tuiles, des briques, des assiettes, des bijoux… C’est un métier d’art complexe, qui demande des années pour maîtriser les formes et les émaux. J’apprends tous les jours, je teste sans cesse de nouvelles recettes, je repousse mes limites.

J’ai aussi animé de nombreux ateliers avec l’argile, ce qui m’a beaucoup plu. Après le bac, j’ai commencé un cursus en design produit à Brest, mais je n’ai pas accroché : trop théorique, trop déconnecté de la réalité. J’ai arrêté et fait un service civique comme pédagogue de rue, puis un DUT Carrières sociales. En parallèle, je travaillais à temps partiel dans l’éducation populaire, tout en suivant des stages et résidences chez des céramistes, surtout en Bretagne. J’ai ensuite arrêté l’animation pour me consacrer pleinement à la poterie. J’ai voyagé au Maroc et en Thaïlande pour me former auprès d’artisans, avec des approches différentes, plus proches de la terre et du feu de bois. Même si aujourd’hui je ne pratique pas toutes ces techniques, j’ai appris à récolter la terre et à cuire au feu de bois, et j’ai envie de contribuer à la transmission de ces savoir-faire.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

La matière, le rapport presque addictif à l’argile, et l’idée de faire perdurer un savoir-faire.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

Je cherchais un lieu où installer mon atelier et vendre sans avoir à passer du temps sur les réseaux sociaux ou à gérer les envois de colis. Je préfère consacrer un maximum de temps à créer. En cherchant sur internet, j’ai découvert Meneham.

J’ai grandi au bord de la mer, donc j’apprécie ce cadre. Ici, je rencontre des visiteurs chaque jour, il y a beaucoup d’échanges. Le fait d’être entourée d’autres artisans est aussi enrichissant : on apprend les uns des autres.

Je peux travailler sur place : modelage de porte-savons, assiettes, plateaux, petits bols, ou encore préparation de suspensions.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, mais cela dépend du métier. Certains nécessitent plus de temps en atelier, or ici on doit assurer des jours de présence, ce qui réduit le temps de production en dehors des périodes de formation.

En revanche, c’est un lieu idéal pour se faire connaître. La visibilité et la communication sont assurées par le site, en dehors du loyer, ce qui est confortable. Le cadre est agréable et paisible, malgré l’affluence : les visiteurs sont détendus, et le bord de mer en fait un bel environnement de travail.

Merci à Justine de nous avoir partagé sa passion de la poterie et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Sandrine Vieublé

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Sandrine Vieublé de l’atelier 2

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis créatrice en art populaire.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Mon travail consiste à récolter des matériaux naturels ou de récupération : coquillages, morceaux de faïence, bois flotté, parfois même des billes retrouvées sur les plages. Chaque plage offre des ressources différentes, selon les saisons et les tempêtes.

Après la récolte, je nettoie sommairement les objets (simple rinçage pour enlever le sel), puis je les trie et les classe dans des boîtes pour faciliter la création. J’utilise ensuite des cadres, souvent chinés en seconde main. Quand le cadre n’a pas de profondeur, je colle mes compositions directement sur le verre, ce qui leur donne de la stabilité. Sinon, je privilégie des cadres creux, qui permettent de travailler avec des volumes. Toutes mes créations sont photographiées et numérotées.

Souvent, c’est la forme et la couleur des morceaux qui guident la composition et inspirent une thématique. Je travaille de plus en plus par séries (par exemple pour la fête des mères) afin de mieux organiser mes matériaux.

À l’origine, je peignais, et j’aimais déjà travailler à partir de petits morceaux. Un jour, lors d’un vide-grenier, une créatrice m’a repérée et m’a proposé d’exposer dans sa boutique. C’est à ce moment que je me suis lancée officiellement, en 2017. Depuis, je poursuis cette activité en parallèle de mon métier de comptable. J’aime également animer des ateliers lorsque l’occasion se présente, afin d’offrir des moments de partage et de création collective.

Je suis autodidacte, mais j’ai toujours eu le goût de l’harmonie des couleurs, d’assembler des éléments pour créer de mes mains quelque chose de délicat et de frais.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

L’esprit de récupération. J’aime donner une seconde vie à des matériaux trouvés, comme le verre poli ou les coquillages. Je privilégie des éléments tolérés au ramassage, et priorise le recyclage (comme les coquilles de moules), dans une démarche respectueuse de l’environnement.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

Je cherchais un atelier et c’est un créateur qui a proposé ma candidature. Je n’avais jamais visité Meneham avant, mais le lieu m’a immédiatement séduite.

C’est un site apaisant, dans un village authentique, restauré dans les règles de l’art. Même s’il y a beaucoup de visiteurs, on ressent une grande sérénité. C’est une vraie chance de pouvoir travailler dans un cadre aussi exceptionnel et inspirant, et de pouvoir s’exprimer dans un tel environnement.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, bien sûr, si une place est disponible. Même si je viens de Morlaix et que la distance est parfois contraignante, cela vaut le coup. Ici, j’arrive le matin avec le sourire. C’est aussi l’occasion de participer à une vie collective avec les autres créateurs : on tisse des liens, on partage des idées, et c’est très enrichissant.

Merci à Sandrine de nous avoir partagé sa passion de l’art populaire avec des matériaux naturels et de récupération et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Christophe Querel

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Christophe Querel de l’atelier 4

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis graveur sur métaux.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Mon métier consiste à graver sur un objet en métal un dessin ou un symbole afin de le personnaliser.

La première étape est toujours la création du dessin : soit je réponds à une demande précise d’un client, soit je crée mon propre motif. Je commence par une esquisse au crayon, puis je la mets au propre sur ordinateur. Une fois le dessin finalisé, je l’imprime sur un papier spécial qui me permet de le transférer sur la pièce en métal. Ensuite, j’utilise un burin monté sur une échoppe pour ciseler la matière et reproduire le dessin.

Pour travailler, j’utilise notamment : un étau boule pour maintenir et faire pivoter la pièce, un burin et une échoppe pour inciser le métal, un binoculaire, indispensable car le travail est très fin.

Les métaux que je grave le plus souvent sont l’inox, l’aluminium et le titane. J’ai commencé avec des demandes de personnalisation, notamment pour la coutellerie (gravures sur manches ou lames) et pour le cycle (écussons sur la colonne de direction des vélos).

Depuis mon installation à Meneham, je développe aussi des créations personnelles : recyclage d’objets anciens (plats en argent transformés en bracelets, vieil étain gravé), fabrication de porte-clés, bracelets, bagues, magnets, colliers, ou encore gravure sur savon « anti odeurs ». J’aimerais créer des objets à la fois esthétiques et utiles.

Mon parcours : très jeune déjà, j’avais envie de créer, mais je n’étais jamais allé au bout de mes idées. En 2018-2019, j’ai vécu une remise en question — une “crise de la quarantaine” — et deux amis se sont lancés comme artisans indépendants. Cela m’a inspiré. Mon métier de l’époque n’avait plus de sens pour moi, et je me suis tourné vers l’artisanat. J’ai découvert la gravure, j’ai eu un déclic et je me suis lancé. Je suis autodidacte : depuis 2020, en autoentreprise, je me suis formé par mes recherches, lectures et vidéos.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

Ce métier a du sens pour moi car je suis une personne créative. À travers la gravure, je peux laisser libre cours à mon imagination, créer quelque chose de nouveau ou donner une seconde vie aux objets. J’aime transformer le métal, le réutiliser et redonner de la valeur à des pièces anciennes, dans une démarche qui vise à éviter le gaspillage et à sublimer la matière.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

J’ai découvert Meneham par hasard, en discutant avec Maxime. Comme nos métiers étaient complémentaires, il m’a parlé de ce lieu et j’ai déposé un dossier de candidature.

Ce que j’aime ici, c’est le cadre sauvage et naturel, l’ambiance tranquille, le fait de travailler aux côtés d’autres artisans, d’échanger et d’apprendre. C’est aussi l’opportunité de rencontrer des visiteurs venus d’un peu partout, dans un rapport plus simple et direct qu’avec les réseaux sociaux.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, absolument. Tout est fait pour faciliter l’accueil et l’installation. C’est une belle expérience à vivre, idéale pour se lancer, mais aussi pour des artisans déjà confirmés qui souhaitent valoriser leur travail.

Merci à Christophe de nous avoir partagé sa passion des métaux et de la gravure et son plaisir d’être présent à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Maxime Lebel

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Maxime Lebel de l’atelier 3

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis tourneur sur bois et coutelier.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Mon parcours : je suis menuisier de formation. Après mon diplôme, je me suis spécialisé dans le tournage sur bois auprès d’un maître tourneur à Douarnenez. C’est une matière qui m’attirait depuis longtemps.

Je travaille principalement avec un tour à bois, mais aussi avec des outils de forge comme l’enclume, le marteau, le backstand (ponceuse à bande stationnaire de précision), etc. Les matériaux que j’utilise sont essentiellement le bois et l’acier.

Côté bois : il arrive en grumes. À l’atelier, je débite les morceaux, je réalise une première ébauche en bois vert, puis les pièces passent au séchoir pendant plusieurs semaines. Une fois sèches, je les retravaille au tour pour leur donner leur forme définitive.
Côté acier : je forge moi-même ce dont j’ai besoin.

En parallèle, j’ai aussi appris l’osier grâce à mon père, originaire de Ploudalmézeau-Plouguin, qui savait le travailler depuis des années. C’est une activité complémentaire au tournage et à la forge, que je pratique surtout par passion.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

La liberté totale : je crée ce que je veux, de A à Z, sans contraintes. J’aime travailler uniquement avec des matériaux locaux, chercher de nouvelles essences de bois et expérimenter. Je n’abats pas d’arbres pour mon activité : je travaille uniquement sur des bois issus d’élagages ou de coupes nécessaires à l’entretien ou à la sécurité.

Je travaille notamment le noyer, le platane, le cerisier, l’érable, le hêtre, le genévrier, le mûrier, le châtaignier… selon les saisons et les disponibilités.
L’acier, quant à lui, vient de France, notamment de la coutellerie de Thiers.

Je n’utilise pas d’assemblage ni de collage : chaque pièce est tournée en une seule fois, avec une finition alimentaire. Mon atelier est équipé d’un grand tour qui me permet de réaliser de très grandes pièces (jusqu’à 2,20 m).

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

J’ai découvert Meneham par hasard, lors d’une promenade en août il y a quelques années. En septembre de la même année, je m’y suis installé. Je cherchais un atelier pour exposer de manière permanente, et le cadre exceptionnel a fini de me convaincre. Cela fait maintenant environ cinq ans que j’y travaille.
Avant, je fonctionnais surtout avec des ateliers temporaires et la vente en ligne.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui. Ici, je trouve une clientèle déjà présente. La communication est prise en charge (réseaux sociaux, diffusion des infos…), ce qui représente un vrai confort. Cela permet de se concentrer sur la création. Il y a également beaucoup de partage.

Merci à Maxime de nous avoir partagé sa passion du bois, de l’acier et de l’osier et son plaisir d’être présent à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Émilie Lebel

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Émilie Lebel de l’atelier 3

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis créatrice de bijoux en micro-macramé.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Je travaille le micro-macramé, une technique inspirée des méthodes de tissage d’Amérique latine, réalisée à partir de nœuds très fins. J’utilise principalement du fil de coton ciré, spécialement conçu pour ce type de création.

Au départ, je cherchais un moyen de mettre en valeur le bois travaillé par Maxime, sans dépendre de l’achat de supports tout faits. C’est comme ça que j’ai découvert le micro-macramé. J’ai ensuite suivi une formation en ligne pendant un an auprès d’une académie spécialisée dans la Drôme, qui importe des fils de qualité provenant d’Amérique du Sud.

Aujourd’hui, je combine le fil avec du bois, des perles ou des pierres pour créer des bijoux uniques. Le micro-macramé permet une grande finesse : plus de variétés de nœuds, plus de détails, plus de possibilités qu’en macramé classique, qui se limite à deux nœuds principaux et à de plus grandes pièces décoratives. Cela fait maintenant trois ans que je pratique cette technique.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

La liberté de créer à partir de presque rien : un fil, une idée, un assemblage. J’aime pouvoir combiner le bois et les matériaux naturels pour fabriquer de jolies choses entièrement faites à la main.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

Le lieu est magique : un cadre magnifique, accueillant, avec des visiteurs très variés, venus de partout. J’ai découvert Meneham grâce à une amie, et c’est ma troisième année ici, après y être arrivée d’abord par l’intermédiaire de Maxime.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, bien sûr. Je l’ai déjà recommandé à d’autres artisans de passage.

Merci à Émilie de nous avoir partagé sa passion du macramé et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Marylin Capdeville

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Marylin Capdeville de l’atelier 3

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis artisane maroquinière.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

J’utilise principalement des outils manuels indispensables au travail du cuir : couteaux pour la coupe, alènes pour la couture, pinces de sellier, fers à fileter pour la finition des tranches… et deux machines à coudre professionnelles adaptées aux différents types de points.
Je réalise aussi le parage à la main, à l’aide d’un couteau dédié.

Mon parcours a commencé grâce à un artisan croisé pendant des vacances, qui m’a encouragée à poursuivre dans cette voie. Après une période de chômage et un accident, j’ai repris une formation en chaussure orthopédique. J’ai obtenu un CAP d’opérateur polyvalent en podo-orthèse en 2011 et me suis engagée pleinement dans la maroquinerie.

Après plusieurs expériences dans la chaussure, j’ai récupéré des supports pédagogiques de maroquinerie auprès d’un ami formé dans ce domaine, ce qui m’a permis de me perfectionner.

J’ai ensuite appris davantage grâce à des rencontres professionnelles, notamment avec une sellière formée chez Hermès, avec qui j’ai pu échanger sur les techniques communes entre chaussure et maroquinerie.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

J’aime les couleurs, le côté artistique du cuir et les possibilités infinies qu’offre cette matière. On n’a jamais fini d’apprendre : nouvelles techniques, nouvelles textures, nouvelles façons de travailler…

Je suis passionnée par l’art, les travaux manuels, et j’apprécie particulièrement de pouvoir pratiquer un métier à la fois créatif, technique et riche en découvertes.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

J’aime beaucoup le cadre, ainsi que l’idée de mettre en valeur l’artisanat dans un lieu préservé, où la faune et la flore sont respectées.
C’est un plaisir de partager mon travail et d’échanger avec les visiteurs, venus d’horizons très variés. Ces rencontres sont toujours très enrichissantes.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui… mais pas trop, car je tiens à ma place !
C’est un cadre de travail exceptionnel : agréable, stimulant, avec une belle ambiance entre artisans. Et puis, le dimanche matin, boire son café au bord de la mer, les pieds presque dans l’eau, ça n’a pas de prix.

Merci à Marylin de nous avoir partagé sa passion du cuir et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Anne Dayot

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Anne Dayot de l’atelier 2

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis auteure-photographe, affiliée au régime des artistes-auteurs.

Ce statut encadre la diffusion de mes œuvres sous forme de tirages limités à 30 exemplaires maximum par photographie, chacun étant numéroté au dos. Au-delà de ce seuil, on ne relève plus du champ de l’œuvre originale mais de la reproduction commerciale. Dans le circuit des galeries, ce nombre est d’ailleurs souvent considéré comme élevé : plus le tirage est restreint, plus la valeur de l’œuvre augmente. J’applique ce principe de façon progressive : les premiers tirages sont proposés à un prix plus accessible, puis les tarifs augmentent au fur et à mesure de l’avancement de la série. J’ai toutefois fait le choix de conserver cette limite de 30 exemplaires afin de maintenir des prix abordables.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi
ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Je n’ai pas suivi de formation en photographie ; mon parcours est autodidacte, guidé par une passion ancienne.
Durant les années 2000 vivant alors à Toulouse je photographiais les ombres des passants dans l’espace urbain. Plus tard, installée dans les Pyrénées ce sont les écorces d’arbres qui ont attiré mon regard. À cette époque, mon travail n’était pas destiné à être montré.

C’est mon arrivée en Bretagne en 2012 qui a véritablement structuré ma démarche artistique. La présence de la mer, les lumières particulière, le climat… tout m’a inspiré dans cet univers enchanteur. Je travaille aujourd’hui uniquement sur le littoral. D’abord attirée par les traces laissées dans le sable, je me suis peu à peu intéressée aux algues, celles déposées sur le sable par la marée puis les algues en mouvement au bord de l’eau.

Je marche longuement le long des plages et photographie ce que la marée trace, dessine et dépose sur le sable. Je n’interviens jamais sur le décor — je me contente d’observer et de capter l’instant tel qu’il s’offre. Une partie de mon travail se déroule également au moment du coucher du soleil : la lumière alors rasante révèle des couleurs flamboyantes et renforce l’impression de volume.


J’imprime moi-même mes photographies sur un papier aquarelle à grain fin avec des encres pigmentaires, reconnues pour leur excellente tenue dans le temps. J’obtiens ainsi un rendu situé entre photographie et peinture, un entre-deux qui correspond pleinement à ma recherche artistique. Côté matériel, j’utilise un appareil photo numérique, qui m’apporte une grande liberté pour mes prises de vue par rapport à l’argentique.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

Ce qui m’enchante avant tout, c’est précisément de ne rien avoir à « créer » au sens strict. Tout est déjà là : il me suffit d’ouvrir les yeux, de me laisser imprégner et de percevoir. Lorsque je « tombe » sur une forme et que je parviens à la sublimer par l’image, le moment devient presque magique. Je trouve dans la simplicité du réel de quoi nourrir mon regard.

Quand vient le temps des expositions, ce sont les réactions du public qui me touchent : l’émerveillement, la diversité des interprétations, parfois même l’émotion d’un spectateur qui entre en résonance avec celle que j’ai moi-même éprouvée sur le terrain. Je choisis volontairement de ne pas donner de titre à mes photographies afin de laisser à chacun la liberté d’y projeter sa propre lecture. J’aime être ce relais, offrir cette émotion.


C’est un travail empreint de gratitude.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

En 2018, une peintre près de chez moi m’a proposé de rejoindre le site pour y louer un atelier. J’exposais déjà près de chez moi, mais Meneham de par sa fréquentation m’a offert une toute autre visibilité.

C’est un lieu magnifique, avec une lumière et une atmosphère particulières. Malgré la distance — (près de deux heures de route) c’est ici que mon travail rencontre le public le plus large. Les échanges avec les autres artisans, la fréquentation du site et le contact direct avec les visiteurs… tout cela en fait un lieu unique.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, sans hésitation. Il y a des contraintes d’ouverture, bien sûr, mais la visibilité est exceptionnelle.
Meneham permet de toucher un public varié, peut être plus populaire que celui des galeries
traditionnelles, et c’est une vraie richesse.

Merci à Anne de nous avoir partagé sa passion de la photographie et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥