Secrets de photographes à Meneham

Retrouvez une série de témoignages tous les 3 mois avec un témoignage par mois !

La première de l’année sur janvier, février et mars s’intitule « Secrets de photographes à Meneham« 

Dans cette série consacrée aux secrets de photographes qui affectionnent Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur ce qu’ils.elles aiment ici, quel serait leur spot préféré et peut-être leur petit spot secret, tout en nous partageant leur vision de la photographie ici et en général. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Témoignage n°3 : Thibault Poriel

Nous terminons avec le troisième témoignage par Thibault Poriel alias @thibaultporiel sur Instagram :

En tant que photographe, mais aussi à titre personnel, qu’est-ce que vous appréciez du site de Meneham ?

Meneham est sans aucun doute l’un des sites incontournables de la région, offrant un paysage unique digne d’une carte postale. Ses formations rocheuses et cette ancienne maison de garde isolée me ramènent à mes moments de solitude, surtout lors de mes sorties photos. Ce sont des instants précieux où l’on se sent privilégié d’être seul dans un lieu aussi remarquable.

Pour votre travail photographique, quel est votre spot préféré ici ?

Pour mon travail photographique, il est difficile de privilégier un seul spot sur la côte Nord.

C’est véritablement l’ensemble qui forme un paysage harmonieux et captivant. Je viens ici pour m’immerger dans une atmosphère où la nature est authentique et sauvage, dans de vastes espaces, et surtout, venir à des moments de l’année où il est susceptible de trouver la plus grande solitude.

Et avez-vous peut-être un spot secret/caché à nous partager ?

Il y a tellement de beaux endroits à découvrir, notre région recèle d’innombrables trésors ! Il y a évidemment des lieux que j’affectionne particulièrement, mais je crois qu’il est important de laisser un peu de mystère autour d’eux pour que chacun puisse les découvrir à sa manière. Cependant, je vous encourage vivement à explorer et à chercher des coins cachés par vous-même. C’est souvent là que se trouvent les plus belles surprises !

Pour finir, pouvez-vous nous en dire plus sur votre vision de la photographie, ce que vous voulez transmettre via ce média, ici et de manière générale ?

La Bretagne, avec sa diversité en termes de paysages et de patrimoine, offre une toile de fond incomparable pour la photographie. Ma vision de la photographie dans cette région, et de manière générale, est celle de capturer l’âme et l’essence des lieux.

Sa lumière changeante nous donne une palette infinie d’opportunités pour exprimer la magie de cet endroit. Avec mes photographies, je cherche simplement à mettre en valeur ce que je vois, mettre en images mes moments tout en témoignant ce qui rend la Bretagne si spéciale et si différente du reste du monde.

Toutes les photos sont de Thibault Poriel : www.thibaultporiel.com / www.instagram.com/thibaultporiel / www.facebook.com/thibaultporiel

Merci à lui pour sa collaboration et son regard porté sur Meneham ! ♥

Ty Journal de mars 2024 – Les femmes de Meneham

Comme nous l’avons déjà vu, Meneham rassemblait femmes et hommes, familles de toute génération, le tout avec un grand esprit de solidarité. Chacune et chacun prenait leur rôle à cœur pour le bien de la communauté. Au-delà de seconder les hommes dans le « travail de force », les femmes occupaient un rôle à part entière, qui était grandement apprécié.

Nous allons découvrir dans cet article l’ensemble des tâches réalisées par les femmes à Meneham,

et ainsi leur rendre hommage !

À la maison

Tout d’abord, une de leurs missions principales était la gestion de la maison, que ce soit préparer à manger, s’occuper des enfants, faire le ménage, laver le linge et même fabriquer des vêtements.

Café crêpes chez Mr et Mme Salou. Kerlouan, 1986 – © C. Le Gall

En cuisine, c’est elles qui concevaient les préparations à base de porc telles que les andouilles, le lard ou le jambon. Elles confectionnaient également le pain à base de la farine du moulin du Couffon. Les fours à pain du village fonctionnaient très bien à cette époque ! D’ailleurs, un des plats principaux du quotidien était la soupe au pain (souben an tri c’haig). Autrement, l’alimentation était surtout à base de soupe aux légumes, avec quelques fois les bas morceaux de viande en pot au feu ou en ragoût. Le soir, une grande marmite avec des pommes de terre mijotées et grillées au saindoux régalait tout le monde. On réservait la viande et les desserts traditionnels pour les dimanches et les “grandes” occasions.

© J.-P.Arcile

Le samedi, c’était jour de grand nettoyage : vitres lavées, meubles dépoussiérés dont les fameux lits clos, et bancs savonnés et brossés. On balayait le sol des maisons qui était en terre battue et on y saupoudrait une légère couche de sable blanc ramassé sur la grève. Tout cela avant le dimanche pour les fêtes !

Le lavage et l’entretien du linge était une tâche plutôt fastidieuse. Pour laver les draps, les torchons et les vêtements, elles emmenaient le tout avec des brouettes, au lavoir de Théven, à 700 mètres d’ici. Savonnage, brossage, rinçage puis battage du linge se faisait sous une source d’eau foisonnante ! Ce temps d’effort se déroulait dans la bonne humeur et la convivialité, loin des hommes…

Les draps étaient étendus sur l’herbe aux abords du lavoir puis les femmes se mettaient à deux pour bien les tordre pour les sécher et les rendre plus légers. Après de longues journées au lavoir, le reste du linge était étendu sur le fil le lendemain matin séchant grâce au vent.

© Cinémathèque de Bretagne

La récolte du goémon et la pêche

© Archives de Kerlouan

Au niveau de la récolte du goémon, elles aidaient grandement les hommes pour remonter le goémon sur les dunes, pour l’étaler, le mettre en meules et le brûler. Elles participaient de manière équivalente, avec l’aide des enfants, à la cueillette du pioka (sorte de lichen marin dont on extrait du gélifiant). Pour la pêche, elles avaient pour mission de poser les filets lors de la marée basse, en les portant sur une distance allant jusqu’à 5 kilomètres, formant un barrage au fond de la grève.

Le potager

Un petit potager devant les maisons faisait la fierté des femmes, qu’elles aimaient embellir et entretenir. On y trouvait notamment des poireaux, petits pois, haricots verts, choux, radis, salades et des fleurs.

© Archives de Kerlouan

Les travaux agricoles et le poulailler

© Archives de Kerlouan

Le travail aux champs se faisait en binôme avec les hommes pour les semis et les plantations, le sarclage, la récolte et le stockage. C’était aussi aux femmes de traire les vaches matin et soir, de stocker le lait et de préparer le “gros lait” (sorte de yaourt de lait caillé doux et acidulé). Elles faisaient également le beurre, à l’aide d’une baratte cylindrique en bois puis d’une cuillère en bois pour le battre et le mouler. Le petit lait ou lait ribot restant était ajouté à la pâtée des cochons, que les femmes préparaient avec des petites pommes de terre et du son de blé.

Le poulailler leur était réservé où poules, lapins et canards vivaient en harmonie et étaient nourris d’orge, de blé et de la fameuse pâtée.

Et tout cela, en plus des nombreux bébés et des jeunes enfants dont elles devaient s’occuper. C’est là que l’aide familiale « naturelle » des grands-mères et jeunes filles était précieuse. En somme, les femmes de Meneham avaient des journées bien remplies !

© Archives de Marie Kerbrat

Source d’information de cet article : le livre de Marie Guillerm / Kerbrat, « Meneham, berceau de mon enfance. De 1846 à 1996 ».

Disponible en boutique à la Maison de territoire du site de Meneham