Portraits d’artisans de Meneham – Anne Dayot

La caserne où se trouve les ateliers d’artisans © Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Anne Dayot de l’atelier 2

Pouvez-vous nous donner le nom de votre métier ou de votre activité ?

Je suis auteure-photographe, affiliée au régime des artistes-auteurs.

Ce statut encadre la diffusion de mes œuvres sous forme de tirages limités à 30 exemplaires maximum par photographie, chacun étant numéroté au dos. Au-delà de ce seuil, on ne relève plus du champ de l’œuvre originale mais de la reproduction commerciale. Dans le circuit des galeries, ce nombre est d’ailleurs souvent considéré comme élevé : plus le tirage est restreint, plus la valeur de l’œuvre augmente. J’applique ce principe de façon progressive : les premiers tirages sont proposés à un prix plus accessible, puis les tarifs augmentent au fur et à mesure de l’avancement de la série. J’ai toutefois fait le choix de conserver cette limite de 30 exemplaires afin de maintenir des prix abordables.

Pouvez-vous nous expliquer votre activité, les outils, matériaux ou techniques utilisés ? Pourquoi ce choix ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Je n’ai pas suivi de formation en photographie ; mon parcours est autodidacte, guidé par une passion ancienne.
Durant les années 2000 vivant alors à Toulouse je photographiais les ombres des passants dans l’espace urbain. Plus tard, installée dans les Pyrénées ce sont les écorces d’arbres qui ont attiré mon regard. À cette époque, mon travail n’était pas destiné à être montré.

C’est mon arrivée en Bretagne en 2012 qui a véritablement structuré ma démarche artistique. La présence de la mer, les lumières particulière, le climat… tout m’a inspiré dans cet univers enchanteur. Je travaille aujourd’hui uniquement sur le littoral. D’abord attirée par les traces laissées dans le sable, je me suis peu à peu intéressée aux algues, celles déposées sur le sable par la marée puis les algues en mouvement au bord de l’eau.

Je marche longuement le long des plages et photographie ce que la marée trace, dessine et dépose sur le sable. Je n’interviens jamais sur le décor — je me contente d’observer et de capter l’instant tel qu’il s’offre. Une partie de mon travail se déroule également au moment du coucher du soleil : la lumière alors rasante révèle des couleurs flamboyantes et renforce l’impression de volume.


J’imprime moi-même mes photographies sur un papier aquarelle à grain fin avec des encres pigmentaires, reconnues pour leur excellente tenue dans le temps. J’obtiens ainsi un rendu situé entre photographie et peinture, un entre-deux qui correspond pleinement à ma recherche artistique. Côté matériel, j’utilise un appareil photo numérique, qui m’apporte une grande liberté pour mes prises de vue par rapport à l’argentique.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat et la création ?

Ce qui m’enchante avant tout, c’est précisément de ne rien avoir à « créer » au sens strict. Tout est déjà là : il me suffit d’ouvrir les yeux, de me laisser imprégner et de percevoir. Lorsque je « tombe » sur une forme et que je parviens à la sublimer par l’image, le moment devient presque magique. Je trouve dans la simplicité du réel de quoi nourrir mon regard.

Quand vient le temps des expositions, ce sont les réactions du public qui me touchent : l’émerveillement, la diversité des interprétations, parfois même l’émotion d’un spectateur qui entre en résonance avec celle que j’ai moi-même éprouvée sur le terrain. Je choisis volontairement de ne pas donner de titre à mes photographies afin de laisser à chacun la liberté d’y projeter sa propre lecture. J’aime être ce relais, offrir cette émotion.


C’est un travail empreint de gratitude.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham ? Qu’appréciez-vous ici ?

En 2018, une peintre près de chez moi m’a proposé de rejoindre le site pour y louer un atelier. J’exposais déjà près de chez moi, mais Meneham de par sa fréquentation m’a offert une toute autre visibilité.

C’est un lieu magnifique, avec une lumière et une atmosphère particulières. Malgré la distance — (près de deux heures de route) c’est ici que mon travail rencontre le public le plus large. Les échanges avec les autres artisans, la fréquentation du site et le contact direct avec les visiteurs… tout cela en fait un lieu unique.

Recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, sans hésitation. Il y a des contraintes d’ouverture, bien sûr, mais la visibilité est exceptionnelle.
Meneham permet de toucher un public varié, peut être plus populaire que celui des galeries
traditionnelles, et c’est une vraie richesse.

Merci à Anne de nous avoir partagé sa passion de la photographie et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham

Retrouvez une série de témoignages tous les 3 mois avec un témoignage par mois !

Bienvenue dans la deuxième série de l’année consacrée aux artisans de Meneham répartis sur trois ateliers.

© Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création, s’ils.elles pouvaient nous décrire leur journée type et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Témoignage n°4 : Catherine Lelaizant de l’atelier 3 (saison 2024-2025)

Nous continuons notre tour des ateliers de Meneham avec la présentation de Catherine Lelaizant :

Catherine Lelaizant-Nouvelle

« Après 25 ans à travailler comme opticienne en Savoie et en Suisse, j’ai décidé de prendre un nouveau tournant dans ma vie pour poursuivre ma passion des travaux manuels ».

C’est après avoir donné des cours de couture dans des Maisons de la Jeunesse, qu’elle va faire la rencontre de Maxime Lebel (aussi artisan à Meneham) et son frère et que le déclic va se faire : Oser exposer ses créations au public. Et c’est aussi là qu’elle tombe amoureuse du site !

Son travail se reflète dans l’utilisation de matières existantes comme de vieux draps ou chutes de tissus, en les retravaillant pour créer de nouveaux objets utiles ou de décoration.

Elle y ajoute des éléments comme des fils colorés, des rubans de tissus à motifs et surtout des cyanotypes imprimés sur ces supports (tissus ou papier).

Le cyanotype est un procédé photographique monochrome négatif ancien, duquel on obtient un tirage photographique de couleur cyan-bleu.

Vous retrouverez dans son atelier un panel d’objets utiles ou de déco comme les trousses, les sacs de plage, les cartes, les tableaux en tissus, ainsi une gamme de petits objets comme les porte-clés, pochettes pour téléphone en cuir ou simili cuir.

Elle apprécie le cadre de Meneham, son ambiance et le fait de côtoyer d’autres artisans.

Retrouvez Catherine alias Les aiguilles créatives sur Instagram !

Merci de nous avoir partagé sa passion des travaux manuels et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Azénor Lépine

© Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Azénor Lépine de l’atelier 2

« Enfant, je détestais la peinture ; crayons de couleurs et feutres m’étaient plus agréables. Je recopiais avec assiduité «les parisiennes» de Kiraz et m’inventais déjà un univers féminin.

Depuis, la peinture, j’ai appris à l’aimer.

Lors du premier confinement en 2020, Pendant ce temps suspendu et angoissant, j’ai eu le besoin de m’évader, de prendre mes pinceaux et de créer un lieu refuge et apaisant.

En 2021, une évidence s’impose à moi : me lancer en tant qu’artiste peintre et exposer mes peintures/dessins.

Les ateliers de Meneham m’ont permis de montrer/vendre pour la première fois mon art et de prendre confiance en moi. 

Dans mon espace, j’expose deux styles de travaux. Le premier, inspiré par Meneham, les contes, les légendes et la culture bretonne. 

Le second plus personnel, où les êtres sont centrés sur eux-mêmes ; rêveurs, contemplatifs, mélancoliques, entourés par une faune et une flore imaginaires. »

Retrouvez Azénor alias Sel.bleu sur Instagram !

Merci de nous avoir partagé ce texte et son plaisir d’être présente à Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Yvon Pennors et Eric Sachet

© Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création, s’ils.elles pouvaient nous décrire leur journée type et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Yvon Pennors et Éric Sachet de l’atelier 4

Yvon Pennors (saison 2024-2025)

Pouvez-vous nous expliquer votre travail et pourquoi ce choix ?

Quand je suis arrivé ici, j’ai commencé par présenter quelques peintures figuratives ainsi que des dessins et des linogravures que je faisais à l’atelier et aussi des reproductions et des posters que j’avais déjà réalisé auparavant.

Et puis petit à petit, je me suis surtout consacré à la fabrication de bijoux, boucles d’oreilles, bracelets, colliers, bagues etc. et aussi des mobiles, des suspensions diverses…


Pour ce qui est de mes bijoux ou mobiles, ils sont entièrement conçus au fil, où tout est tourné ou torsadé avec des pinces, et ils sont montés sur des pierres, des nacres ou des perles diverses. Le tout est réalisé à la main.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat-la création ?

À l’origine j’ai une formation de sculpteur sur bois et je dessine aussi depuis l’enfance. Ce que j’aime dans l’art ou l’artisanat c’est déjà cette indépendance dans mon travail.

C’est aussi et surtout ce côté manuel, créatif et imaginatif, cette recherche de la forme et de la construction et aussi bien-sûr le plaisir de la création et de la réalisation. 

Quel est votre rapport avec le site de Meneham / Qu’appréciez-vous ici ?

Pour ce qui est de Meneham, ma famille étant du coin, j’ai toujours plus ou moins connu cet endroit. Quand j’étais enfant, pendant les vacances mes parents nous emmenaient par ici – à la grève, et parfois j’accompagnais mon père, qui lui allait jouer aux boules devant le ”bistrot Guillerm” pendant que nous, on crapahutait sur les rochers ou on allait se baigner.

On allait aussi parfois à de petites fêtes locales et j’ai dû aller à un ou deux Fest noz, et si je me souviens bien les groupes y jouaient encore sur une charrette. Ensuite quand le lieu a été déserté, j’aimais venir me balader dans les ruines du village encore pleines de vie et d’histoire !   

J’apprécie beaucoup cet endroit, pour son charme, son espace, sa tranquillité qui je dirais, de jour comme de nuit, dégage pour moi, quelque chose de fort, de magnétique et de particulier, d’attachant et de reposant avec en plus ces grèves et cette côte ”sauvage” qui s’étale et se découpe en contre bas, sur l’horizon. 


Éric Sachet

Pouvez-vous nous expliquer votre travail et pourquoi ce choix

Je suis fabricant de bougies parfumées et créateur d’objets de décorations en béton. En plus de créer des bougies « traditionnelles », je recycle de la vaisselle ancienne (tasses, verres, saucières, pots divers…) que je chine dans les dépôts vente, brocantes et autre recycleries des alentours, dans lesquels je coule de la cire, créant ainsi des bougies originales.

Mes bougies sont en cire de soja naturelle et mes parfums viennent de Grasse. Je fabrique également des objets originaux autour de la bougie, tels que des tasses que je monte sur des pieds de verres, des diffuseurs de parfum d’ambiance, des fondants…

Par ailleurs je travaille le béton pour en faire des objets décoration originaux. Je fais des empreintes de feuilles dans le béton, des boules photophores, des portes savons/ vides poches suspendus, des cales-portes…

Je m’attache à créer des objets originaux avec des matières dont on ne penserai pas qu’elle puissent être utilisées pour de la décoration, ou en détournant des objets de leur premières utilisation.

Cet aspect créatif et de réflexion, m’amuse en me disant lorsque je trouve un objet ou en travaillant le béton : « qu’est-ce que je pourrais faire de ça ? »

Le nom de mon entreprise est : FIAT LUX … « Que la lumière soit », parce que que d’une étincelle, jaillit une idée.

Ce n’est pas sans rappeler non plus, que d’un phare jaillit une lumière, sur la Côte des naufrageurs.

Tout est fait localement, puisque j’habite à Kerlouan.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat-la création ?

Ce qui me plait c’est de chercher, d’essayer, d’échouer, de créer… Imaginer des objets.

La mise en œuvre de mes idées n’est pas toujours réalisable avec les matières que je travaille, mais « cent fois sur le métier, je remets mon ouvrage ».

Décrivez-nous une journée type ?

Une journée type pour moi, c’est la fabrication et la recherche d’idées lorsque je suis chez moi. Et lorsque je suis à Ménéham, je fais mes finitions devant les visiteurs. C’est l’aboutissement du travail accompli, la joie de présenter mes créations et le verdict des visiteurs.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham / Qu’appréciez-vous ici ?

Ménéham est le site emblématique de la Côte des Légendes. Il s’y dégage une atmosphère de bout du monde, isolé de tout et de tous.

L’idée de faire « revivre » le hameau, afin qu’il perdure, me plaît beaucoup. Les artisans, à l’année, maintiennent une présence afin que ce lieu reste vivant.

Et recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Régulièrement je parle autour de moi des ateliers de créateurs. Parfois même à des visiteurs qui me posent des questions sur l’organisation du site, car certains cherchent des lieux comme celui-ci.

Merci à Yvon et Éric de nous avoir fait découvrir leurs créations et leur amour pour Meneham ! ♥

Portraits d’artisans de Meneham – Aurélie Quiviger

Retrouvez une série de témoignages tous les 3 mois avec un témoignage par mois !

Bienvenue dans la deuxième série de l’année consacrée aux artisans de Meneham répartis sur trois ateliers.

© Valéry Joncheray

Dans cette série consacrée aux artisans qui louent un atelier à Meneham, nous avons voulu en savoir plus sur leur travail et ce qu’ils.elles aiment dans la création, s’ils.elles pouvaient nous décrire leur journée type et surtout quel était leur rapport et appréciation du lieu. Le tout sous forme d’interview ponctuée de photographies.

Témoignage n°1 : Aurélie Quiviger – Légendes de Druide de l’atelier 5 (saison 2024-2025)

Nous commençons notre tour des ateliers de Meneham avec l’interview d’Aurélie Quiviger alias Légendes de Druide :

Pouvez-vous nous expliquer votre travail et pourquoi ce choix ?

Mon travail consiste à créer des bijoux avec des pierres naturelles de haute qualité. Je conseille les gens selon leurs envies mais surtout leurs besoins, en créant des bijoux sur mesure à la taille et la personnalité de chaque personne. 

Ce choix vient de ma passion pour les pierres, il y a cela 10 ans. J’ai d’abord découvert le lapis lazuli par ses vertus positives pour les problèmes pulmonaires. Étant asthmatique sévère, j’ai pu bénéficier de l’aide de cette pierre pour aller mieux et mieux vivre avec mon asthme.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’artisanat-la création ?

Dans l’artisanat, j’apprécie la liberté de création, de faire, de créer du bonheur aux gens.

Le fait de créer quelque chose d’unique à chaque fois et la joie de voir le sourire sur le visage des gens.

Décrivez-nous une journée type ?

Lorsque j’arrive au local, il est nécessaire de procéder à une purification de toutes les pierres, en aérant bien la pièce.

Ensuite on est là pour accueillir les visiteurs, en parallèle je fabrique selon mes envies des bracelets, des boucles d’oreilles, etc. Il faut tailler des cabochons pour en faire de beaux pendentifs, étiqueter chaque article et préparer une petite fiche produit avec les pierres qui constituent le bijou. Nous faisons cela pour tous les bijoux.

Quel est votre rapport avec le site de Meneham / Qu’appréciez-vous ici ?

Meneham, c’est tout d’abord l’énergie des lieux qui s’y dégage, dû à son emplacement et ces constructions.

J’apprécie rencontrer des gens de toute la France et d’ailleurs et d’échanger avec eux. 

Lorsque je crée ici, ce sont vraiment des moments de calme. C’est pour moi un lieu très inspirant.

Et recommanderiez-vous à d’autres artisans d’avoir un atelier ici ?

Oui, je recommanderai à n’importe quel artisan d’oser se lancer dans l’aventure afin de découvrir les merveilles de ce lieu si inspirant !

Amétyste en gros plan

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Merci à Aurélie de nous avoir partagé sa passion des pierres et de Meneham ! ♥