Le goémonier, de la tête aux pieds

Le kalaboussen

La tenue des goémoniers du Léon présente quelques singularités à commencer par le couvre-chef ! Si certains se couvraient la tête avec l’éternel chapeau de paille estival ou bien le boned (sorte de bonnet aux bords larges où l’on conserve au sec différents objets comme un couteau, briquet, ou tabac), d’autres portaient une coiffe bien particulière : le kalabousenn.

Cette sorte de cagoule ou capuche en drap bleu et noir, aussi apparentée à un passe-montagne, recouvrait les épaules et pouvait parfois comporter un boutonnage sous le menton. Précaution bien utile quand on travaille sur la grève… Ainsi, nullement besoin d’écharpe !

Par beau temps, la base de la cagoule était remontée sur le sommet de la tête et prenait la forme d’une casquette. Ce kalabousenn pouvait s’acheter sur les marchés de Plouescat ou de Lesneven. Il a été porté jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

La compagnie Ar vro Bagan, pour le spectacle « Les naufrageurs », 2022

Le kabig

Pour se couvrir les épaules à bord de son embarcation, le goémonier portait généralement un kabig, aussi appelé « kab an aod » (cape de grève). Cette veste en drap de laine non doublée comportait une poche ventrale pour garder les mains au chaud, des rebords crantés et des boutons en bois, ainsi qu’une capuche. Les pièces du kabig qui étaient mises à l’épreuve lors du ramassage du goémon étaient surpiquées.

L’appellation « kab gwern » aussi utilisée pour désigner cet habit de grève, faisait référence à l’étoffe blanche utilisée aux origines. De Plouguerneau à Goulven, cette couleur blanche avait été longtemps appréciée pour repérer les goémoniers au loin sur leurs embarcations.

Costume de grève, dessin au crayon et à l’aquarelle, F-H Lalaisse, 1844

La plus ancienne représentation du kabig a été réalisée à Kerlouan en 1844. François-Hippolyte Lalaisse (1810 – 1884), maitre de dessin à l’Ecole royale polytechnique à Paris, en voyage durant l’été 1844 en Bretagne, était à la recherche de costumes portés entre Nantes et Pont Croix. Il produit un dessin d’aquarelle saisi sur le motif, comportant la légende manuscrite « costume de grève ».

Porté avec un pantalon court et des sabots en bois fourrés de paille, le kabig était la tenue par excellence des travailleurs des grèves du pays Pagan, au point d’en devenir de vrais ambassadeurs.

Reconnu par la suite comme un élément du patrimoine matériel et immatériel de Bretagne, le kabig est un habit traditionnel de Bretagne devenu objet de mode.

Le saviez vous : encore aujourd’hui, le magasin MG boutique à Lesneven fabrique des kabig sur mesure !

La gérante actuelle, Dominique Martin, a repris l’affaire familiale en 1993. Sa mère, vendeuse de laine et son père, tailleur, ont d’abord fait les marchés avant de créer leur boutique, rue du Général-de Gaulle à Lesneven, dans les années 1950. Au fil des années, différentes couturières se sont succédées, toutes fabriquant le kabig.

Catherine Thépaut est l’une des dernières retoucheuses à le confectionner sur mesure. Elle est couturière chez MG boutique depuis 2005. Catherine précise que le tissu doit être suffisamment épais et qu’il semble de plus en plus difficile d’en trouver de nos jours. La gérante se fournissait autrefois en petites quantités auprès de grossistes. Aujourd’hui, la seule usine produisant ces tissus se situe dans les Pyrénées

[APPEL À PROJET] Installation artistique « Noël à Meneham » 2022

Éclat par Byme lab, 2019
La source par Philippe Cusse, 2021

Noël à Meneham

« Noël à Meneham » est un évènement placé sous le signe de la convivialité, de la féérie, de la gourmandise et de l’artisanat avec un marché de Noël, des animations pour tous et une œuvre d’art illuminée !

Vous êtes artistes plasticiens ou collectifs d’artistes professionnels, répondez à notre appel à projet pour l’installation d’une œuvre dans le cadre de « Noël à Meneham 2022« 

La thématique choisie cette année : le feu

L’ambition de Tourisme Côte des Légendes est de proposer pour la troisième année consécutive une thématique qui servira de fil conducteur au long de toute cette manifestation. Meneham étant soumis à la force des éléments, notre choix poursuit le cycle entamé avec le vent en 2020 et l’eau l’année dernière.

Cette nouvelle édition de Noël à Meneham célèbre un tout autre élément : le feu. Au-delà de chauffer les chaumières de Meneham, le feu avait aussi sa place au cœur des fours à pain du village et du four à goémon.

Le corps de garde Meneham offre une vue sur deux phares emblématiques de la côte : le phare de Pontusval et le phare de l’Ile Vierge. Le mot phare est traduit en breton par « tour-tan », la tour de feu.

Une légende locale raconte aussi que les paganiz, habitants du pays Pagan, accrochaient des lanternes aux cornes des vaches pour provoquer le naufrage des bateaux au large. Retrouvez cette légende locale (jamais vérifiée !) ici.

Voilà quelques pistes susceptibles de vous inspirer. Nous sommes néanmoins persuadés que cet élément attisera votre créativité et que vos propositions ne manqueront pas de nous surprendre !

Les animations festives et sportives à Meneham d’hier à aujourd’hui

L’été est là ! Et Meneham va s’animer comme il se doit, entre Fest Deiz, spectacles déambulatoires, escalade, yoga et paddle ! Mais à quoi ressemblaient les premières animations estivales au village ?

Des concours de pétanque en triplettes et des tournois de foot « Bragou, Lostennou » !

Les premières parties de pétanque amicales ont débuté vers le milieu du XXème siècle, les dimanches après-midi à Meneham. C’est lors d’un mois de juillet que le premier concours du coin a été lancé, avec une participation de 103 triplettes ! Suite à cette frénésie pour les boules, des tournois ont été organisés tous les lundis de l’été, avec des concours pour les couples en doublettes et même des triplettes familiales (parents et enfant).

Le premier match de foot a quant à lui été disputé contre une équipe de touristes et non pas avec un classique ballon de foot, mais avec un ballon de rugby ! Les habitants de Meneham ne manquaient visiblement pas d’imagination car les années suivantes, les joueurs se déguisaient : une équipe en femme et une équipe en marin. Un match baptisé « Bragou, Lostennou » (pantalons, jupes).

Des régates

Après la guerre, en 1944, l’envie de se rassembler et de se détendre tous ensemble a mené à l’organisation d’une régate à Pors Doun, le port de Meneham. Avec l’aide de Job Droff, un ancien marin de la Royale à la retraite, des courses de voile, aviron et godille ont été mises en place. D’après Marie Guillerm, ancienne habitante du village, les régates annuelles attiraient des foules !

Cet événement sportif et festif débutait par une course cycliste sur piste et sur prés. Il y avait ensuite la bénédiction des bateaux suivie du départ des régates. De leur côté, les enfants pouvaient participer à des courses en aviron, en godille ou à des courses de canards lâchés.
Des olympiades venaient clore la fête avec du tir à la corde et de la course à pied, sans oublier la buvette pour le ravitaillement de tous !

Meneham, site naturel protégé

Un lieu protégé

Meneham (Ménez-ham) est un village classé depuis 1975 au titre de monument historique. Les alentours du village sont également protégés : la grande plage de Menez Ham, les criques et pointes rocheuses ainsi que la prairie de l’arrière littoral constituent un site naturel d’exception.

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© E. Berthier

Grâce à ces protections, Meneham reste un endroit préservé, naturel et extrêmement riche en biodiversité : ce site ravira les amoureux du patrimoine naturel breton !

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Un lieu important pour la faune et la flore

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Les dunes sont très importantes pour la biodiversité : elles sont la maison d’accueil de centaines d’espèces venant profiter d’une bonne météo au printemps, notamment des gravelots à collier interrompu, aujourd’hui en fort déclin (en Bretagne, entre 1984 et 2013, sa population a chuté de 43%).

Les différents états de la dune : un processus naturellement cyclique

La dune, c’est un espace qui bouge sans cesse.

En été, lorsque la météo se veut favorable pour elle, elle capte plus de sable grâce aux oyats. En jargon scientifique, on appelle ça l’engraissement du cordon dunaire ! A l’inverse, lorsqu’en hiver les conditions météo sont défavorables, les vagues sont tellement puissantes qu’elles volent le sable de la dune pour l’emmener dans les fonds des mers et des océans… C’est l’érosion !

Ce processus est à la base une dynamique naturelle sur les littoraux, il est cyclique. Avec la surfréquentation et la présence humaine en tous points sur les côtes, le processus d’érosion se produit en dehors du cycle habituel, et il est même accéléré. La dune ne fait donc que reculer… 



Les oyats, une protection naturelle pour la dune

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© V. Joncheray

Lorsque le vent et la mer viennent pousser le sable dans l’oyat, sa longue coiffe le garde pour renforcer la dune.

Sous nos yeux et pourtant trop peu observés, de longs cheveux jaunes-verts bordent la dune. Ces plantes, ce sont les oyats. Et comme la nature est si bien faite, ils sont là pour capter le sable pendant la belle saison, afin que la dune puisse rester solide en hiver. Ces plantes sont résistantes aux vents, tempêtes et fortes marées venant bousculer les littoraux, mais ne résistent pas au piétinement ! Elles sont parfois réintroduites à l’initiative d’associations pour la protection de la nature ou d’acteurs communautaires locaux.

Tourisme Côte des Légendes, un acteur pour demain

Afin que le site de Meneham reste attractif mais aussi préservé de façon durable, Tourisme Côte des Légendes est engagé dans la lutte contre les dégradations dues à la grande fréquentation du lieu. Chaque jour, nous sensibilisons les visiteurs du site afin qu’ils respectent cet espace remarquable.


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